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Une Terre de Mémoire

Cartographié après la Première Guerre mondiale comme étant situé dans la « Zone Rouge », c’est-à-dire celle des terres provisoirement ou à jamais impropres à toute culture, notre territoire a abrité pendant trois ans la zone de combats la plus proche de la capitale.

Egalement marquée par les affrontements de la Bataille de France pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs dizaines de sites mémoriels émaillent notre campagne, témoins des pages sombre de notre Histoire, pour nous souvenir et ne jamais oublier.

LE MUSÉE TERRITOIRE 14-18

Fin août 1914, la Première Armée allemande envahit l’Oise et le Soissonnais. Elle dépasse Compiègne et Senlis puis s’oriente vers l’est de Paris afin d’encercler les troupes françaises. Celles-ci, secondées par les Britanniques stoppent la ruée impériale lors de la Bataille de la Marne (du 5 au 13 septembre 1914). Les envahisseurs battent à leur tour en retraite et se replient sur la rive droite de l’Aisne, sur les plateaux au nord d’Attichy. Après de terribles combats, le front se fixe, et trois de nos villages passent sous occupation allemande pendant trois ans.

L’Oise sera libérée une première fois en mars 1917 lors d’un repli stratégique allemand, mais de nouvelles offensives au printemps 1918 replongeront nos communes dans les affres des combats et des destructions. Ce ne sera que fin août 1918 que Nampcel, dernier village occupé, sera libéré par les chars français. Quelques semaines plus tard, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, les cloches de Rethondes seront les premières à sonner le cessez-le-feu.

En suivant l’ancienne ligne de front, le Musée Territoire 14-18 vous permet de découvrir nécropoles, carrières, monuments commémoratifs et 19 circuits de randonnée qui vous présenteront la guerre de mines, l’emploi des chars d’assaut, les dramatiques histoires des fusillés pour l’exemple, l’occupation allemande, le cantonnement dans les carrières (dont certaines sont ouvertes à la visite, n’hésitez pas à nous demander !) la vie des civils dans les villages français proches du front…

 

Butte des Zouaves, Moulin-sous-Touvent

Située à l’emplacement du lieu-dit « Le Champignon » pendant la Première Guerre mondiale, la Butte des Zouaves tire vraisemblablement son nom du fait de la présence importante sur cette zone du front, dès le 15 septembre 1914, de troupes venant majoritairement d’Afrique notamment de Zouaves (composés principalement de métropolitains) et Tirailleurs algériens de la 37e division d’infanterie. Sous cette butte-tombeau, reposent 4 soldats dont trois sapeurs français du génie ensevelis vivants après l’explosion d’une mine allemande le 23 décembre 1915, provoquant l’écroulement de la sape qu’ils avaient pour mission de prolonger jusque sous les lignes impériales.

 

Butte des Zouaves, Moulin-sous-Touvent

Mémorial de la Butte des Zouaves, Moulin-sous-Touvent

A côté du tertre, le Mémorial National, seul lieu dédié aux Zouaves en France, honore ces soldats de l’armée d’Afrique, qui ont participé à tous les conflits dans lesquels la France fut engagée. Corps d’armée composé d’unités d’infanterie légère, créé en 1830 et dissous en 1962, il est parmi les plus décorés de l’armée française.

 

 

Carrière de la maison du garde, Tracy-le-Mont

Cette carrière tire son nom de la maison du garde du domaine d’Offémont – d’où le Général Nivelle supervisa la bataille de Quennevières en 1915 – située à quelques centaines de mètres. Très vite, les soldats s’en servirent de cantonnement. Ils y trouvaient un repos bienvenu, protégés des obus par l’épaisse couche de sol calcaire qui les séparait de la surface. C’est également en ces lieux que furent stockées les bonbonnes de gaz chloré, destiné à être vaporisé vers les lignes allemandes. Plusieurs graffiti de soldats y sont toujours visibles, notamment d’une unité très liée à ce front, les Zouaves.